Le risque psychologique majeur

Fournier A., Guitton C., Kervern G.Y. et Monroy M.

Introduction à la psychologie cindynique. Paris. Editions Eska 1997.

Que savons-nous des cindyniciens, de ces nouveaux spécialistes apparus avec l'accroissement des situations de crise ? Peu de chose, sinon qu'ils envisagent les questions relatives au danger, au risque, aux catastrophes naturelles ou provoquées par l'homme, d'une façon plus générale tout ce qui touche à la Violence sous un autre éclairage que celui de la fatalité. Leur argument : une conjonction des théories et des savoir-faire, une recherche des points communs plus que des différences, une volonté de mettre ensemble ce qui va ensemble au moyen d'une analyse des correspondances à grande échelle appliquée aux situations les plus diverses : de Tchernobyl aux accidents domestiques.
Peut-on prédire ce qui n'est pas prévisible ? La réponse n'est pas directe, mais la démarche s'impose. En cela cet ouvrage fait le point sur ce qui va devenir une science dont les bases ont été jetées courant 1990. Il n'est certes pas anodin qu'il paraisse aujourd'hui, et qu'il soit contemporain d'initiatives qui s'y rapportent : projet d'accompagnement des transgresseurs sexuels ou encore mise en place d'un réseau national de prise en charge de l'urgence médico-psychologique en cas de catastrophe portant sur 7 régions françaises pour constituer des cellules permanentes. Le mot est lâché. Cellule Permanente, cellule de crise. La démarche systémique des cindyniciens peut éclairer les intervenants de ces cellules. Elle peut aussi éclairer les experts que nous sommes dans la gestion et la conception des missions beaucoup plus que dans leur réalisation. Un livre à ne pas laisser passer

Un travail dont les cliniciens de l'expertise et du pénitentiaire ont entendu parier... S. G. R.

Le danger, le risque, les catastrophes, la violence sont-ils des fatalités ?

Si oui, il n'y a rien à faire sauf des statistiques... Sinon, de quoi s'agit-il ? De processus de fabrication du danger dans notre personne, dans notre famille, dans notre club, dans notre entreprise, dans notre ville, dans notre département, dans notre région, dans notre pays, dans notre continent, etc.

Que sait-on de ces processus ? Rien ? NON. Depuis les années 60, les gestionnaires de risques - risk managers - des entreprises ont pris le problème à bras le corps. Ils ont forgé des méthodes. Ils ont dégagé des concepts. En 1979, les pionniers des sciences du danger dégagent le concept de "Risque Technologique Majeur". C'est en effet à la Technologie qu'on attribue les grandes catastrophes du type Tchernobyl. Mais les rapports d'enquête parlent d'erreurs humaines. C'est que le danger et la violence se fabriquent aussi dans les têtes. D'où l'idée de Risque Psychologique Majeur qui complète celle de Risque Technologique Majeur dans cette discipline nouvelle qui progresse à pas de géant : les sciences du danger ou cindyniques.

Ce livre résulte de la coopération entre quatre chercheurs. Il se situe dans la ligne des approches systémiques développées par le Prix Nobel Herbert SIMON et diffusées en France par le Professeur J.L. LE MOIGNE (Université d'Aix-en-Provence). Une approche clinique de M. MONROY (Psychiatre), A. FOURNIER (Agrégée d'histoire), C. GUITTON (Psychiatre à l'hôpital Paul Guiraud - Villejuif) vérifie le caractère opérationnel des concepts cindyniques et permet d'élaborer la compréhension de la genèse du danger dans le tissu familial, social et sociétal. Elle permet aussi de saisir la densité de l'instant qui précède les passages aux actes individuels violents et asociaux. Ceux-ci envahissent malheureusement notre actualité quotidienne : agressions, suicides, prises de risques, embrigadement sectaire, toxicomanie, délinquance, etc., attaquent les liens et mènent par exemple à la fracture sociale et au naufrage familial...