Comment peut-on, dans les limites du hic et nunc de la séance, bouger et modifier des problématiques, des déterminismes et des énergétiques qui pèsent depuis de longues années sur les patients et leurs familles, et en modèlent les symptômes ?
Pourquoi l'instant de la séance apparaît-il parfois comme une coupure radicale et décisive dans les processus de croissance familiaux ?
Le sujet de cette recherche montre comment l'instant abolit la dimension linéaire de l'écoulement du temps et laisse survenir un nouveau rapport avec la réalité présente fondé sur les perceptions sensorielles, les communications analogiques et l'apparition d'images. Ces images deviendront alors le support des processus mémoriels et symboliques, moteurs de l'interaction thérapeute-famille. Ceux-ci permettent au thérapeute de faire fonctionner les processus auto-référentiels, individuels et collectifs, afin que soient reconstruits les liens d'affiliation du patient à sa famille et de la famille à sa généalogie, dans la création d'un nouveau rapport au temps et à l'histoire. En corollaire, comment se redéfinissent les liens d'affiliation et les fonctions d'autorité des soignants institutionnels qui s'impliquent dans les prises en charges familiales systémiques ?
Autant de questions qu'évoque Catherine Guitton-Cohen Adad dans ce livre et autant de réponses esquissées.
Mais, pour parler de choses aussi fugaces, voire indicibles que l'instant et la communication analogique, il fallait utiliser les images des poètes et des philosophes.
Cet ouvrage s'adresse à tous les psychothérapeutes individuels et les intervenants systémiciens qui s'interrogent sur les sortilèges de l'instant thérapeutique et se risquent, pour leurs patients, à affronter l'inconnu et découvrir l'invisible.